Biologie

5.  L'OOTHÈQUE

Structure générale d'une oothèque de Dociostaurus brevicollis (d'après L.S. ZIMIN, 1938).

ms : matière spumeuse, o : œuf, op : opercule, pd : paroi durcie, pm : paroi membraneuse, s : septa membraneux, ss : surface du sol.

Les œufs sont pondus groupés dans le sol, agglutinés dans une substance spumeuse produite par la femelle. L'ensemble de la masse ovigère est surmonté par un bouchon spumeux. Celui-ci sert de protection thermique ; il peut aussi drainer l'humidité du sol par ses propriétés hygroscopiques et faciliter la sortie des jeunes larves venant d'éclore en guidant leur reptation vers la surface du sol.

Les composantes d'une oothèque sont les suivantes :
   l'opercule,
   les parois membraneuses ou durcies (matière spumeuse et sable agglomérés),
   le bouchon de matière spumeuse,
   les SEPTA membraneux,
   les œufs.

Disposition des œufs dans l'oothèque chez Nomadacris septemfasciata (A et B) et chez Acrida bicolor (C et D) (d'après R.F. CHAPMAN et l.A.D. ROBERTSON, 1958).

A-C : oothèque en vue latérale, B-D : oothèque en coupe transversale, ms : matière spumeuse.

L'opercule est plat et rond, généralement séparé des parois de l'oothèque. À l'éclosion, les jeunes larves le soulèvent pour sortir de l'oothèque. Il existe principalement chez les Gomphocerinae comme Dociostaurus maroccanus.

Les parois membraneuses et spongieuses présentent une grande diversité de structure. Dans le plus simple des cas, la masse ovigère n'est pas isolée par une paroi. La partie supérieure de l'oothèque est formée d'un bouchon spumeux (Schistocerca gregaria). Chez Locusta, la matière spumeuse entoure la masse ovigère et forme une paroi assez fragile. Chez d'autres acridiens, les œufs sont enveloppés d'une paroi plus solide formée de particules de terre agglomérées par les sécrétions au moment du forage. On trouve très souvent à l'intérieur de l'oothèque une masse spongieuse remplissant les interstices entre les œufs ou seulement à la partie supérieure de la masse ovigère pour former le bouchon.

La disposition des œufs dans l'oothèque est particulière à chaque espèce. On distingue 2 principaux types d'agencement :
  – les œufs disposés radialement,
  – les œufs orientés dans le même sens.

Les deux types sont facilement reconnaissables mais dans le cas d'oothèques fragiles, l'arrangement des œufs est souvent entièrement perturbé lorsque l'on extrait la ponte du sol. Ce critère est donc peu utilisable pour l'identification des espèces.

Oothèques de divers Acridiens (d'après E. MORALES AGACINO, 1951 et L.S. ZIMIN, 1938).

Pontes déposées dans le sol.
A : Schistocerca gregaria,
B : Locusta migratoria,
C : Dociostaurus maroccanus,
D : Dociostaurus kraussi,
E : Calliptamus turanicus,
F : Arcyptera fusca.

La disposition de l'oothèque dépend de la texture du sol, de son humidité superficielle et même de la saison pour l'espèce australienne Chortoicetes terminifera.

Oothèques de divers Acridiens.

Pontes déposées dans le sol (d'après L.S. ZIMIN, 1938).
A : Gomphocerus sibiricus,
B : Tmethis muricatus,
C : Angaracris barabensis,
D : Stenobothrus lineatus.

Pontes déposées à la surface du sol.
E : Omocestus viridulus.

Pontes déposées dans les tiges végétales (d'apres L.C. ZOLESSI, 1958).
F : Cornops aquaticum (coupe longitudinale de la tige montrant l'oothèque).

Pontes déposées à la surface des feuilles de végetaux aquatiques (d'après C.S. CARBONELL, 1964).
G : Paulinia acuminata (oothèque en coupe transversale).

v : fragments vegétaux.

On connaît actuellement environ 250 formes d'oothèques pour 10000 espèces recensées dans le monde. On considère des critères simples pour les caractériser : dimension, forme, nature et couleur de la matière spumeuse, longueur du bouchon spumeux, régularité et nombre de rangées d'œufs, degré de recouvrement des œufs, angle par rapport à la paroi, structure du chorion.

La variété des structures des oothèques est illustrée par quelques exemples :
  – Eumastacidae : pas de matière spumeuse,
  – Leptacris hova : pas de bouchon spumeux,
  – Cyrtacanthacris tatarica tatarica, Nomadacris septemfasciata : pas de gaine spumeuse,
  – Heteracris zolotarevskyi, Locusta migratoria : gaine spumeuse,
  – Dociostaurus maroccanus : coque protectrice.

 
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