Biologie

7.  NOMBRE DE GÉNÉRATIONS ANNUELLES

Exemple de diversité des cycles biologiques au sein d'un peuplement acridien de zone soudanienne dans la région de Saria, Burkina Faso (d'après M. LECOQ, 1978c).

Si certaines espèces d'acridiens sont capables de se reproduire de façon continue dans la région de Saria tout au long de l'année, et en conséquence de s'adapter à des conditions très diverses, la majorité d'entre elles possèdent un arrêt de développement à l'état imaginal ou à l'état embrionnaire leur permettant de survivre au cours des mois de saison sèche.

Espèces à diapause imaginale Espèces à reproduction continue Espèces à diapause embryonnaire

Espèces à une
génération

Acanthacris ruficomis citrina
Acorypha clara
Acridoderes strenuus
Catantops haemorrhoidalis
Catantops melanostictus
Catantops stylifer
Leptacris violacea
Mesopsis laticomis
Ornithacris turbida cavroisi
Parga cyanoptera
Pnorisa carinata
Tristria pallida
Tylotropidius didymus
Tylotropidius gracilipes


Espèces à deux
générations

Acrotylus blondeli blondeli
Catantopsilus plagiatus
Heteropternis thoracica


Espèces à trois
générations

Acrotylus patruelis
Aiolopus thalassinus

Espèces à deux
générations

Duronia chloronota
Mesopsis abbreviatus
Pyrgomorpha vignaudii


Espèces à trois
générations

Acrida bicolor
Gastrimargus africanus
Gastrimargus procerus
Morphacris fasciata
Pyrgomorpha cognata

Espèces à une
génération

Acorypha glaucopsis
Cataloipus fuscocœrulipes
Hieroglyphus daganensis
Homoxyrrhepes punctipennis
Kraussaria angulifera
Kraussella amabile
Zonocerus variegatus


Espèces à deux
générations


Oedaleus nigeriensis

Espèces à trois
génerations


Oedaleus senegalensis

Une génération acridienne correspond à la succession des états qui relie un œuf de la génération parentale à un œuf de la génération fille.

Comme il est difficile dans la nature d'établir la filiation des populations imaginales des espèces se déplaçant à grandes distances, il a été proposé de remplacer dans les cas douteux le terme de génération par celui de reproduction.

Le nombre de générations annuelles qu'une espèce peut présenter correspond au voltinisme. On distingue des espèces univoltines, n'effectuant qu'une seule génération dans l'année et des espèces plurivoltines à plusieurs générations annuelles. Le nombre maximal de générations qu'une espèce peut effectuer en une année semble être de 5 chez les acridiens, encore que ces cas soient assez rares. À l'opposé, on connaît des espèces qui ont besoin de deux années au moins pour effectuer un cycle complet, particulièrement dans les régions froides et très arides. En zone tropicale sèche, les acridiens présentent en majorité de 1 à 3 générations par an.

Pour une même espèce, le nombre de générations peut être variable selon la région dans laquelle la population se développe, ou les caractéristiques météorologiques annuelles. Ainsi, Oedaleus nigeriensis présente-t-il 3 générations successives en zone tropicale humide d'Afrique de l'Ouest, alors qu'il n'en a plus que 2 en zone soudanienne et 1 seule en zone sahélienne.

Exemples de cycles biologiques sans arrêt de développement à deux générations annuelles. Cycles de Duronia chloronota et de Pyrgomorpha vignaudii dans la zone soudanienne au Burkina Faso (modifié d'après M. LECOQ, 1978c).

O : œufs, 1-4 : larves de stade de développement 1 à 4, M : imagos à téguments mous, PV : imagos femelles à téguments durs et à ovaires en prévitellogenèse, V : imagos femelles à téguments durs et à ovaires en vitellogenèse, P : adultes femelles à téguments durs et ayant pondu, d : densité d'imagos à l'hectare, j, f, m, ... : janvier, février, mars, ...

Des exemples de cycles biologiques en fonction du nombre de générations annuelles peuvent être fournis :
  – espèces à une génération bi-annuelle :

  • • avec arrêt de développement : Phymateus leprosus, Phymateus viridipes.
      – espèces à une génération annuelle :
  • • avec arrêt de développement embryonnaire : Kraussaria angulifera,
  • • avec arrêt de développement imaginal : Nomadacris septemfasciata.
      – espèces à deux générations annuelles :
  • • sans arrêt de développement : Pyrgomorpha vignaudii,
  • • avec arrêt de développement embryonnaire : Eurysternacris brevipes,
  • • avec arrêt de développement imaginal : Epistaurus succineus.
      – espèces à trois générations annuelles :
  • • sans arrêt de développement : Acrida bicolor,
  • • avec arrêt de développement embryonnaire : Oedaleus senegalensis,
  • • avec arrêt de développement imaginal : Aiolopus thalassinus.
      – espèces à quatre ou cinq générations annuelles :
  • • sans arrêt de développement : Locusta migratoria capito, Pyrgomorpha cognata.

    Les variations du voltinisme peuvent résulter de modifications des temps de développement continu ou de la révélation de certains arrêts de développement facultatifs. L'étude complète des particularités biologiques d'une espèce doit donc se faire sur l'ensemble de son aire de distribution.



    Exemple de cycles biologiques sans arret de développement : cycle de Acrida bicolor dans la zone soudanienne au Burkina Faso : 3 générations annuelles (modifié d'après M. LECOQ, 1978c), cycle de Locusta migratoria capito dans le Sud-Ouest de Madagascar : 5 générations annuelles (modifié d'après M. LECOQ, 1975).

    O : œufs, 1-4 : larves de stade de développement 1 à 4, M : imagos à téguments mous, PV : imagos femelles à téguments durs et à ovaires en prévitellogenèse, V : imagos femelles à téguments durs et à ovaires en vitellogenèse, P : adultes femelles à téguments durs et ayant pondu, d : densité d'imagos à l'hectare, j, f, m, ... : janvier, février, mars, ...

    Cycle biologique de Caloptenopsis decisa dans le Sud-Ouest de Madagascar (région de Betioky) (d'après M. LAUNOIS, non publié).

    Les ailés passent la saison sèche en arrêt de développement ovarien. Ils pondent dès les premières pluies, c'est-à-dire en novembre, et se développent ensuite pour donner des larves qui elles-memes donneront des ailés en février et mars. Il y a donc une seule génération par an avec un chevauchement très faible des ailés appartenant à des générations différentes. Ce cycle est très stable d'une année à la suivante quant à la nature même des phénomènes. L'importance des effectifs à chaque génération dépend cependant des conditions locales d'environnement qui peuvent être ou non bénéfiques à l'espèce.

    Cadre superieur : densité imaginale à l'hectare et pluviométrie.
    Cadre intérieur : structure de la population. O : œufs, 1-4 : larves de satde de développement 1 à 4, M : imagos femelles à téguments mous, NP : imagos femelles à téguments durs et n'ayant pas pondu, P : adultes femelles à téguments durs et ayant pondu.

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