Écologie

5.  L'ACTION DE LA LUMIÈRE

La lumière agit sur le tonus, le comportement, la reproduction selon des caractéristiques propres (gamme de longueurs d'ondes lumineuses, intensité, périodicité) et la sensibilité des espèces animales réceptrices.

L'action tonique est exercée par l'intermédiaire des ocelles. Il suffit d'occulter ceux-ci pour que le tonus musculaire baisse. La lumière solaire est vectrice d'énergie thermique essentielle au maintien de leur température interne de l'acridien.

Les acridiens sont attirés (phototropisme positif) ou repoussés (phototropisme négatif) par les sources lumineuses.

Sur le plan écologique, les acridiens sont classés en espèces héliophiles et en espèces sciaphiles selon qu'ils sont attirés par la lumière ou par l'ombre. La sciaphilie apparente coincide le plus souvent avec la recherche d'une température moins élevée ou d'une humidité ambiante plus forte.

Influence de l'alternance jour-nuit sur l'activité locomotrice des imagos de Locusta migratoria capito en phase solitaire (enregistrée en conditions seminaturelles) (d'après M. LAUNOIS, J.R. LE BERRE & M. LECOQ, 1976).

L'activité locomotrice est exprimée en unités d'activité (chacune d'elle représente le trajet d'un individu d'une extrémité à l'autre de ia cage de l'actographe).

La phase crépusculaire d'activité locomotrice est déterminée par l'abaissement de la luminosité et correspond, dans les conditions naturelles, à une phase d'intense activité de vol. Elle est caractéristique de la phase solitaire et n'existe pas chez les grégaires.

Un exemple d'enregistrement actographique journalier est représenté sous le graphique principal.

L'alternance du jour et de la nuit coïncide avec un rythme d'activité diurne et nocturne. Les comportements diffèrent selon les espèces et l'état phasaire dans le cas des espèces grégariaptes. Les bandes larvaires et les essaims d'ailés grégaires se déplacent le jour, alors que les ailés solitaires des locustes ou les ailés des sauteriaux volent de préférence en début de nuit.

Chez l'acridien, le seuil de sensibilité à la lumière se situe au dessous de 0,1 lux. Au-dessus de ce seuil, la lumière influe sur l'activité en fonction de son intensité et de la sensibilité des individus qui la perçoivent. La décroissance rapide de la luminosité déclenche chez bon nombre d'espèces une tendance à l'envol.

Les effets de la lumière sont très nets sur le déclenchement des arrêts de développement. Il semble que la durée du jour et le sens d'évolution de la photopériode agissent à des degrés différents. L'état biologique le plus sensible est celui des jeunes ailés femelles. Chez certaines espèces, celles-ci pondent des œufs produits à arrêt de développement si la durée du jour est inférieure à 12 heures. Il s'agit d'une diapause embryonnaire (ex : Oedaleus senegalensis). Il arrive aussi que le fonctionnement ovarien soit inhibé : on parle dans ce cas de diapause imaginale (ex : Nomadacris septemfasciata).

Influence de la longueur du jour sur la diapause imaginale chez Nomadacris septemfasciata (modifié d'après M.J. NORRIS, 1959).

Toutes conditions étant par ailleurs égales, les adultes émergeant au début de l'été ont une durée de maturation sexuelle (intervalle de temps entre la mue imaginale et la première ponte) de l'ordre de 2 mois, alors que ceux émergeant à la fin de l'été et au début de l'automne présentent une diapause imaginale et ne deviennent sexuellement mûrs qu'après 7 à 8 mois.

 
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