Éthologie

4.  LE COMPORTEMENT SEXUEL

La rencontre des sexes est préparée par des moyens divers. Cinq comportements sont fréquents : l'embuscade, la poursuite, les stridulations, le battement des ailes au sol, les vols spéciaux.

4.1.  LES PRÉLIMINAIRES

L'embuscade est pratiquée par le mâle qui s'agrippe à la femelle lorsque celle-ci passe à proximité. Une poursuite peut s'amorcer si l'assaut échoue.

L'attraction auditive est très commune. Les Gomphocerinae en sont un bon exemple. Le mâle émet une stridulation d'appel spécifique. Si une femelle réceptive l'entend, elle répond par une brève stridulation. Le mâle s'oriente grâce à ces échanges d'appels et de réponses jusqu'à ce qu'il soit en vue de sa partenaire.

Le battement des ailes au sol est à rapprocher des repérages auditifs dans le sens où il permet l'émission d'un son spécifique, comme chez Anacridium melanorhodon. Il peut aussi exercer une attraction visuelle lorsque les ailes sont brillamment colorées.

Les vols stridulatoires sont de petits vols verticaux, à un ou deux mètres du sol, pendant lesquels les mâles émettent un son caractéristique. Dès leur atterrissage, ils stridulent pour informer les femelles de leur présence et de leurs intentions.

A : Parade sexuelle de Chortoicetes australis (d'après W.W. FROGATT, 1907)

B : Accouplement de Schistocerca gregaria et detail de la patte antérieure du mâle agrippant le pronotum de la femelle (d'après J. KUNCKEL d'HERCULAIS, 1893-1905).

Quand les deux sexes sont en contact auditif, olfactif, visuel et tactile, une grande variété de comportements est observée. Les uns sont les conséquences d'une perturbation par proximité d'un congénère, les autres sont considérés comme des préliminaires à l'accouplement. Ils forment la parade sexuelle, c'est-à-dire l'ensemble des inter-relations entre partenaires qui, après leur rencontre et avant l'intromission du pénis, stimule leur aptitude à la copulation.

Le mâle de Calliptamus, après avoir poursuivi une femelle en vol, se pose près d'elle, effectue quelques cercles en marchant autour. Il émet de brefs appels par un cliquetis des mandibules. La femelle produit en réponse un son ressemblant mais plus faible. Quand le mâle n'est plus qu'à quelques centimètres de la femelle, il s'approche lentement et tente de se placer derrière elle. Il courbe son abdomen vers celui de la femelle et brusquement enserre avec ses cerques en forme de pince les valves génitales de sa partenaire. À ce moment, il prend place sur le dos de la femelle.

4.2.  L'ACCOUPLEMENT

Le mâle se cramponne au dos de la femelle par ses deux premières paires de pattes, la troisième paire reste disponible, par exemple pour chasser un mâle intrus ou pour striduler. L'abdomen du mâle est recourbé vers le bas, à droite ou à gauche. Les crochets de l'épiphalle s'accrochent à la plaque sous-génitale de la femelle. Le pénis est introduit entre les valves génitales dans le vagin et son extrémité atteint le canal de la sermathèque.

A : Éjection du spermatophore chez Locusta migratoria lors de l'accouplement (d'après B.T. BOLDYREV, 1929).

B : Extrémités des abdomens d'un mâle et d'une femelle de Locusta migratoria en accouplement (d'après B.T. BOLDYREV, 1929)

c : cerques, e : épiphallus, pe : pénis, psg : plaque sous-génitale, r : rami du cingulum, sp : spermatophore (une partie seulement a été représentée), va : valves apicales du pénis, vd : valves dorsales de l'oviscapte, vv : valves ventrales de l'oviscapte.

Le sperme est transmis du mâle à la femelle par l'intermédiaire d'un spermatophore. Il s'agit d'un réservoir en forme de sac allongé, à paroi mince, formé de sécrétions des glandes accessoires du mâle une à deux minutes après le début de la copulation. Il est introduit dans le tractus génital de la femelle. La séparation des deux congénères entraine la rupture du spermatophore, dont une partie reste dans le canal de la spermathèque, où il est progressivement dissout. On a retrouvé jusqu'à 30 traces de spermatophores chez une même femelle d'Anacridium.

 
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