Éthologie

7.  LE COMPORTEMENT DE DEFENSE ET DE DISSIMULATION

Les réactions des acridiens à un danger sont rarement agressives, elles sont le plus souvent défensives.

Les attitudes agressives se résument à des morsures et des coups de pattes. Les coups de pattes peuvent être efficaces contre un intrus, surtout si les tibias postérieurs sont armés de longues épines (Cyrtacanthacridinae).

Les comportements de défense sont variés. Les principaux sont :
  – le saut,
  – la dissimulation,
  – l'exhibition des ailes postérieures,
  – la saignée réflexe,
  – l'autotomie des appendices.

En cas de dérangement, les criquets sautent. Selon les espèces, les fuyards se retournent ou non après l'atterrissage pour faire face au danger. Le saut lui-même peut être prolongé par un vol d'évitement.

La dissimulation est bien connue des acridiens. Certains se laissent tomber ou glisser à terre pour se cacher dans les touffes d'herbes. En cas d'approche d'un prédateur, le criquet se place du côté opposé de la tige à la perturbation. Ce comportement s'observe chez les Catantopinae comme Catantops axillaris et les Cyrtacanthacridinae comme Anacridium aegyptium. Les espèces pratiquant l'immobilisation complète sont celles qui ont une couleur mimétique avec le milieu.

Phymateus saxosus et Oedaleus nigrofasciatus dressent leurs ailes en cas de perturbation pour montrer des couleurs brillantes en guise d'avertissement.

Exemple de réflexe de défense :

A : Émission d'air et d'hémolymphe par les pores abdominaux et pronotaux chez Dictyophorus griseus (d'après P.P. GRASSÉ, 1937).

B : Attitude de défense de la larve de Poekilocerus bufonius (d'après L. FISHELSON, 1960).
o : orifice de la glande répugnatoire.

Des perturbations importantes peuvent aussi déclencher des sécrétions réflexes, projetées à distance ou exsudées sur le tégument de l'acridien. Un liquide laiteux est expulsé à 50 centimètres grâce à des pores spéciaux placés sur la ligne médiane du thorax et à la base des pattes de Poekilocerus hieroglyphicus. On rapproche ce phénomène de la saignée réflexe ou hémaphorrhée. Le liquide brunâtre exsudé par les Pyrgomorphidae et les Oedipodinae lorsqu'ils sont saisis entre les doigts est un mélange d'hémolymphe et d'air. Il s'échappe par des pores en forme de fentes.

Il se produit aussi une régurgitation réflexe en provenance du jabot chez la plupart des acridiens que l'on manipule sans précaution. Cette réaction est produite par une stimulation mécanique des parois latérales du thorax et des deux paires de pattes antérieures et moyennes.

 
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