Physiologie

2.  LA FONCTION ALIMENTAIRE

Le corps d'un acridien contient de 60 à 75 % d'eau. Le reste se répartit ainsi :
  – protéines : 60 %
  – glucides : 24 %
  – lipides : 12 %
  – sels minéraux : 4 %.

Les principaux constituants non organiques sont :
  – le phosphore, dans les tissus,
  – le sodium et le potassium, dans l'hémolymphe,
  – le calcaire et la silice, dans la cuticule,
  – plus rarement le cuivre, le manganèse, le sélénium, le lithium, le barium, le strontium.

Un criquet dispose de plusieurs sources d'approvisionnement hydrique :
  – eau contenue dans la végétation fraîche,
  – eau absorbée directement,
  – récupération d'une partie de l'eau contenue dans les excréments,
  – remise en circulation de l'eau plasmatique de l'hémolymphe,
  – oxydation des lipides, des glucides et des protides,
  – fixation de la vapeur d'eau de l'air au niveau des trachéoles ou à travers le tégument.

Ces gains compensent les pertes d'eau que l'insecte subit à chaque moment par :
  – excrétion : les excréments sont toujours plus ou moins humides,
  – évaporation stigmatique au moment des expirations,
  – évaporation cuticulaire.

Évolution comparée du poids de matière végétale sèche ingérée (1) et du poids des excréments (fèces) desséchés (2) émis par le Criquet pèlerin Schistocerca gregaria au cours de son développement larvaire (stades I à IV) et imaginal (d'après P.M. DAVEY, 1954).

Les deux courbes présentent une évolution ressemblante tout au long de la vie de l'acridien, y compris pendant les phases de mue et de ponte. Il semble donc que l'excrétion soit proportionnelle à l'alimentation, ce qui, globalement, permet de supposer que le coefficient d'utilisation digestive reste pratiquement constant dans les conditions d'observation.

L'acridien a un régime phytophage. Il utilise de 20 à 80 % des aliments consommés. L'assimilation se fait principalement au niveau de l'intestin moyen et des CAECA gastriques. L'eau est récupérée par l'ILEON et le RECTUM. Le reste est rejeté sous forme d'excréments (fèces), débris alimentaires enrobés de lambeaux de membrane péritrophique.

L'excédent nutritionnel est stocké dans le tissu adipeux placé sous le diaphragme dorsal du thorax et de l'abdomen, qui représente 5 à 10 % du poids du corps. Un métabolisme intermédiaire convertit les glucides et les protéines en énergie utilisable par les muscles du vol.

Une partie de la nourriture ingérée est gardée sous forme de réserves. Le surplus ou les éléments non digestibles sont éliminés.

 
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